C'est la petite histore d'un gars

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C'est la petite histore d'un gars

Message par ChelmiOuestCoast le Ven 9 Nov 2018 - 13:22


C'est la petite histoire d'un gars, récit paru en janvier 2001 sur la newsgroups fr.rec.moto,

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Salut vax

Ca fait un moment qu'on ne s'est pas vu mais bon.
Comme tu sais j'ai passé mon permis moto au début de l'année.
Aujourd'hui je suis dans une merde pas possible...

Je me suis acheté une 500GSE a la campagne, Le type a eu la gentillesse
de livrer la bécane chez le gd père de ma nana, où j'avais décidé par
prudence de faire les premiers tours de roues.

Pour une raison un peu compliquée ma nana venait ce samedi avec le C25
aménagé pour passer le WE tandis que moi même, je descendais en train
plus tard dans la soirée directement après le boulot.

Une fois arrivé sur place en soirée, naturellement je descends au
garage voir la bécane; superbe, rutilante (elle roulait pas mais était certainement astiquée toutes les
semaines).

Elle était béquillée sur la centrale juste devant la Traction blanche
fraîchement restaurée du Gd Père. Je me promet à ce moment là de faire un
tour avec ma douce (tu ne la connais pas) des le lendemain matin.

21H12 : coup de fil de ma nana qui m'appelle pour un problème avec le
C25 qui n'avance plus. Plus de son plus d'image. Elle est encore a 30Km en
rase campagne, et je me dis que c'est finalement la bonne occasion pour
aller faire un tour.

21H25 : Je descend au garage, je charge dans un sac a dos un équipement
de pluie au cas ou (vu le temps qu'on a en ce moment...) et je sandowte
une boite a outils réduite pour le C25.

21H26 : Vérifications sur la bécane... la chaîne mérite un peu de graisse.

21H27 : Je démarre la bécane. Froide telle qu'elle est, elle ne tient
pas le ralentit. Je veux mettre un peu de starter et je me rends compte que
le câble est bloqué dans sa gaine et le levier me reste presque dans la
main.

21H28 : J'accroche un tendeur au sangles de la planche a voile pendue
au plafond, et relie celui ci a la poignée des gaz dans le but de la
maintenir dans la position adéquate pour ne pas quelle cale. Start.

21H29 : Je démarre la bécane, passe la première, la roue AR tourne
tranquillement et muni de la bombe a graisse commence à en projeter sur
la couronne. Ensuite, la roue n'étant pas tout a fait équilibrée, la moto
c'est mise a trembler verticalement, un phénomène de résonance aidant sans
doute. La poignée a du augmenter les gaz en raison de la traction sur le
Sandow. La roue AR est venue à toucher le sol a cause des vibrations et a ce
contact, la moto est partie dans un hurlement de moteur : chaque centimètre
parcouru tournant un peu plus la poignée. Elle a fini sa course couchée dans
la porte du garage qui n'a pas résistée.

Tout en tirant sur le tendeur, la moto à tirée sur la planche a voile.
Celle ci, avec la tension a opéré une rotation assez violente. Lorsque le
tendeur à fini par lâcher, elle est brusquement revenue dans sa position
initiale et l'élan aidant a faucher tous les pots de peintures de tout ce
qu'on veut situer sur l'étagère murale. Ceux ci sont tombés en explosant sur la
roue AR tournant encore a fond de la moto couchée. Il s'en est suivi un
épandage à l'intérieur du local. La traction de tout à l'heure ainsi que
moi-même ayant étant copieusement repeint.

21H30 : Je n'ai pas encore parcouru un mètre et suis déjà responsable
d'une catastrophe. Je relève la bécane pour constater les dégâts. Le guidon
est tordu, et l'avant a dégusté à cause du choc. Avec un grand levier je
redresse le guidon, et ça roulera comme ça. Les dégâts autour de moi sont
impressionnant, mais mon sens de la fatalité étant poussée au un point
d'en être ma principale qualité comme tu me l'avait fait remarqué à l'époque
je n'ai qu'un regard incrédule sur la catastrophe. Zen.

21H42 : Je décide de quitter ce lieu afin de partir au secours de ma
dulcinée. Après une dizaine de Km, le phare pic du nez. Je le redresse
avec la main gauche en roulant.

21H50 : Encore un ou deux Km le défaut c'est accentué et je dois tenir
le phare constamment. Ceci n'étant plus vivable je m'arrête pour chercher
une solution. Un pas de vis a lâché dans le carton avec la porte, il me
faut une vis un poil plus large... La seule que je trouve est celle de la
visière du casque. Ca rentre, reste que la visière est décrochée d'un des
cotés.De ma boîte a outil je sors un bout de chatterton que je plaque sur le coté
de la visière. GAZ

21H51 : début de la pluie

21H52 : Je prends des trombes d'eau sur la gueule en guise de pluie
c'est un orage. Je m’arrête pour passer les vêtements de pluie.

21H55 : Après quelques respirations de relaxation Je repars à allure
soutenue, afin de vérifier une intersection je tourne la tête, coup de
vent violent, le vent pénètre sous la visière. Le chatterton n'a pas tenu,
la précieuse visière est arrachée et je me retrouve face à la pluie. Bien
sur la vitesse m'oblige a fermer les yeux... je freine trop tard ! je ne
peux éviter les trous du bas coté. La moto bondit et me secoue dans tout les
sens, j'entends un bruit de cataclysme, et je m'arrête les yeux à
moitié fermés 20m plus loin.
Dans le choc heureusement sans chute j'ai perdu ma boite à outil.
Demi-tour, je reviens sur mes pas pour rassembler les outils répandus sur
toute la route, moto garée au bord du fossé noyé par l'orage. A la lueur du
phare je cherche les outils, quand soudain je me rends compte que des
flammes sont en train de lécher le réservoir de la bécane !!!
Mon sang zen (sic) ne fait qu'un tour, je donne un grand coup de pied
dans la bécane pour la renverser dans le fossé plein de flotte. Le feu est
immédiatement éteint .... et le moteur noyé.

22H20 : un bon quart d'heure pour ressortir la bécane en suant dans la
combi plus tard, et je trouve l'objet du problème, une durite d'essence est
poreuse au point de fuir, les derniers événements l'ayant encouragé à
craquer. Je ressors le chatterton et remonte tout a la lueur de la
lampe de poche.

22H36 : Après avoir redémarré et constaté que la moto avait un drôle de
comportement, je m'arrête et ressors du pneu AV une clé alen sur
laquelle j'ai roulé en revenant sur les outils... no comment, il faut
réparer a nouveau.

22H40 : Quelques mouvements de ressourcement me permettent de retrouver
un esprit serein. Je repars, le pneu est affublé d'un pansement en
chatterton pour tenir le champignon du kit de réparation tubless. Zen.
Maintenant la moto perd de l'adhérence a l'AV a chaque tour de roue. Je
roule vraiment doucement.

23H00 : Il fallait s'y attendre, dans un virage, l'AV décroche et c'est
la gamelle. De toute façon je ne voyais rien. Heureusement la vitesse
réduite fait qu'il n'y a pas de dégâts sur le bonhomme. La moto en a fait un
tout droit dans le champ vers un tas de ferrailles issu d'une ex machine
agricole. Je n'ai pas le temps de me félicité d'avoir échappé au hachoir,
je constate que c'est le pneu AR qui y est presque passée. Le pneu est tout
simplement cisaillé sur Une dizaine de centimètres, c'est lui qui a " amorti
" le choc, coup de chance. Et de deux pneus.
Le chatterton n'y pourra rien. Pour la première fois de ma vie j'ai un
bref doute sur mes capacités zen.

23H25 : Avec du fil de fer barbelé trouvé dans cette casse-champètre
j'ai ficelé ta totalité du pneu sur toute sa périphérie a la jnate et les
battons. Il est a plat OK, mais maintenu a peu près convenablement. Je
suis peut être l'auteur du premier pneu Verglas homologated de l'histoire de
la moto.

23H35 : 1 minute de Lotus et c'est repartit. En passant devant un
hangar vitré sur une partie je me rends compte que les noeuds du fil de fer
produisent des étincelles du plus bel effet. Sauf que je crains pour la
résistance du fil, je continuerais sur le bas coté tant que ce sera
possible.
Je traverse un petit bled ou quelques gars sortant d'un bistro, un peu
éméchés, me regardent passer incrédules, sous la flotte sans visière en
faisant des étincelles a 10Km/h.
Plus que cinq kilomètres. La pluie s'est arrêtée. La moto a un
comportement de jeu vidéo. Je pense plus avoir d'autre galère, c'est pas
possible...

23H40 : La moto hoquette le moteur s'arrête. Il ne faut pas sortir de
polytechnique pour constater la panne d'essence. C'est fini ? non !
Je sais qu'il y a une station 24/24 à proximité je pousse la bécane
jusqu'à la pompe (disons 2 km).
J'arrive presque sans encombre au niveau de la station essence.
La suite est incroyable, surtout après le récit ci dessus. Mais bon.

23H55 : A la pompe déserte, je commence à me servir. Je mets huit
litres et ca semble plein. Etonné de la faible capacité du réservoir, je
pose le pistolet sur la selle, et sort la lampe pour regarder au fond (je ne
savais pas qu'un réservoir contenait si peu et qu'il ne fallait pas plonger
le pistolet au fond).

23H56 : En effectuant cette manoeuvre, je déséquilibre le pistolet qui
glisse de la selle a terre sauf que : Le repose pied tel un grappin
retient le pistolet dans sa chute par la ... gâchette.
S'en suit un vomissement de SP98 sur le pot d'échappement immédiatement
suivit d'un début d'incendie de la bécane. Incapable de me saisir du
pistolet en raison de la température, je m'éloigne vers la station
espérant trouver du secours. A cet instant les sirènes d'incendie se
déclenche un gars (le propriétaire de la station) me gueule :
" Vous êtes dingues ! il y a 25000l d'essence dans le reservoir"
" Mais non " que je réponds " 8 litres seulement " !

00H11 : Les pompiers arrivent avec 5 camions, et 35 hommes de feu !

01H20 : tout est fini. Je suis embarqué par les flics et inculpé de
dégradation par imprudence de biens privés. La moto est détruite, la
station est détruite, le préfet à été réveillé, ils ont faillit déclencher
le plan ORSEC vu qu'un pipeline GDF passe juste derrière la station...

Le lendemain : Retrait de permis immédiat pour 6 mois, Mon assureur
refuse de couvrir les frais en raison de l'inculpation. Il y en a pour
plusieurs millions de francs lourds. Ma copine qui m'a attendu des heures et
a entendu a la radio dans le C25 parler moi me trouve ridicule, ne veut plus
me voir...
L'assistance juridique dit que le cas est trop lourd pour elle, elle ne
veut pas prendre le dossier car le sinistre dépasse le seuil du contrat
etc...

Bref j'ai été libéré 2 jours après (tests sanguins, antécédents, suivi
psychologique etc...).
Cette semaine au boulot ils ont essayé de me coller une faute
professionnelle sur le dos pour se débarrasser de " monsieur catastrophe".
Dans les journaux ils en ont à peine parler, l'affaire a été étouffée
car le pétrolier faisait déjà pas mal parler de lui sur les ondes (si vous
voyez ce que je veux dire) d'ou l'inculpation sans doute. Mais je n'ai pas
de preuves.

Toi qui est sur internet toute la journée tu dois connaitre pas mal de
gars qui font de la moto... pense tu que je puisse y trouver de l'aide ?

Ciao et fais gaffe a toi.
Paul POTET

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